#saveourculture : derniers espoirs pour sauver Fabric

#saveourculture : derniers espoirs pour sauver Fabric

Il y a un peu plus d’un mois, le mardi 6 septembre 2016 plus exactement, tombait la décision du council d’Islington d’ôter à Fabric sa licence lui permettant d’accueillir des milliers de danseurs chaque weekend. Si les fermetures de clubs à Londres se succèdent de manière inquiétante ces derniers mois – le Dance Tunnel et le Plastic People pour citer les plus connus – celle de la Fabric a profondément fait état d’un séisme pour des millions de danseurs et de djs à travers le monde.

En 1999, Fabric ouvrait ses portes pour la toute première fois. Deux générations de teuffeurs s’y sont succédés, ont usé les semelles de leurs chaussures et se sont perdus dans ses couloirs sans fin. Le club tient en ses murs bien plus qu’une page de l’histoire des musiques électroniques. Il représente à lui seul l’un des piliers de notre culture. Attraction touristique ou étape incontournable d’un parcours initiatique, chacun est venu y chercher une expérience particulière.

Fabric c’est une scène majeure pour des centaines de djs qui ont vécu leur première expérience intime avec la foule. Y être programmé est un gage important de vos qualités et montre une reconnaissance certaine de la part de la profession mais aussi de l’industrie. C’est aussi un lieu de relai, comme en témoigne les nombreuses réactions de djs à l’annonce de la fermeture, quand ceux-ci rappellent y avoir admiré leurs ainés, là derrière les platines, alors qu’ils n’étaient encore qu’en train de danser frénétiquement sur le sol vibrant de la salle 1.  

Fabric va bien au-delà de la simple notion de club. C’est une véritable institution qui a permis à des genres musicaux multiples d’exister et de se développer. Ainsi, rares sont les établissements qui ont servi à ce point à la création musicale, à sa médiation et à la mise en avant de sa culture. Si la Haçienda de Manchester a profondément marqué les débuts de l’acid house, Fabric a infiniment construit sur le devant de la scène les grandes lettres du clubbing underground.

 Ricardo Villalobos dans son élément.

Ricardo Villalobos dans son élément.

La fermeture de Fabric, un paquebot qu’on croyait insubmersible, a finalement chaviré comme cela devait être écrit. Cette stigmatisation d’une culture sans cesse ramené à l’usage de drogues perdure indéfiniment, malgré tout le travail mis en place par les acteurs de la nuit, et en particulier par les dirigeants et la sécurité de Fabric.

S’il faille trouver des réponses à cette abrupte fermeture, c’est dans l’histoire des musiques électroniques en Grande-Bretagne que les réponses sont écrites. Des bastons menées par les dealers de Salford aux mesures prise par une coriace Maggie imposant aux clubs de fermer avant 2h, en passant par le Criminal Justice and Public Order Act de 1994 stigmatisant les « répétitive beats », jamais les musiques électroniques n’ont été perçues du bon œil. Rajoutez à cela quelques unes assassines des tabloïds et vous comprendrez à quel point une culture juvénile n’a jamais autant été rejetée. Le punk, rattrapé par l’industrie musicale et ses dérives commerciales, aura à peine eu le temps de créer quelques remous.

Alors que de nouveaux lieux ouvrent de manière impressionnante à Paris, le phénomène inverse mine les nuits londoniennes. Il fait suite à la désastreuse politique dont a fait preuve l’ancien maire conservateur Boris Johnson. Au cours de son mandat, Londres a changé de face pour devenir un aimant à investisseurs immobiliers et où les grues ont pris place dans le paysage urbain en lieu et place de quartiers historiques. La logique qui en découle est toute simple. Les clubs londoniens doivent maintenant faire face à d’autres pressions, beaucoup plus locales. Quand il ne s’agit pas des nouveaux voisins se plaignant des nuisances sonores, ce sont les coups fourrés des institutions locales qui mettent à mal les lieux de fête. Or, The Independent révélait dès le 7 septembre ce qui se manigançait réellement derrière le retrait à Fabric de sa licence. L’Opération Lenor, fumeux jeu de mot, entre Fabric (textile) et Lenor (la marque de lessive), prouve néanmoins dans son choix linguistique le but final d’un processus engagé depuis longtemps.

Après le lancement d’une pétition qui n’aura pas réussi à faire pencher la balance dans les négociations finales, c’est une campagne de levée de fonds, servant à financer les frais engagés dans un recours judiciaire, qui laisse imaginer que les portes ne sont peut-être définitivement closes. Les dons ainsi engrangés à l’heure où nous écrivons ces lignes dépassent les 280 000£, symbolisant l’acharnement dont font preuve ceux qui ne peuvent se résoudre à se voir accaparés leur club, leur institution ou même leur foyer.  Si vous souhaitez participer vous-aussi, rien de plus simple. Les dons commencent à partir de 10£ et vous pouvez recevoir un tee-shirt floqué pour 30£. Ça vous fera de belles histoires à raconter à vos garnements dans plusieurs années, en espérant qu’il puisse eux aussi fouler le sol de Fabric un jour. Vous pouvez aussi participer à l'une des nombreuses fêtes de soutien organisées sur le sol britannique : https://www.fabriclondon.com/club/listings

Tout cet engouement pour sauver un pan de notre culture nous tient à cœur chez la Bringue. Si nos ainés se sont battus pour nous transmettre un si bel héritage que nous mettons à profit chaque weekend, nous nous devons de prendre le relai. Vive la fête, vive Fabric. RAVE ON. 

Pour effectuer une donation : https://www.fabriclondon.com/save-culture

On est en pleine campagne de crowdfunding ! Si tu souhaites nous soutenir et choper nos meilleures contreparties, reste branché ici → https://www.facebook.com/events/916243855173422/"

 


Il était une bringue: Dominique @ Contrast Rave Line

Il était une bringue: Dominique @ Contrast Rave Line

CLB000 : Campagne de Crowdfunding

CLB000 : Campagne de Crowdfunding

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