REPORT : Notre nouveau festival préféré s’appelle Positive Education

REPORT : Notre nouveau festival préféré s’appelle Positive Education

Qui aurait cru que ce serait à Saint-Etienne qu’on prendrait une grosse claque à un festival techno ? C’est pourtant Positive Education qui nous en a mis plein la vue, avec une programmation pointue qu'on avait déjà évoquée et qui a tenu ses promesses. Retour sur le festival, un week-end dont on se souviendra pendant longtemps. 

 

Vendredi 10 novembre

A notre arrivée à Saint-Etienne en début de soirée, il pleut, et il faut le dire, la quartier de la Cité du Design n’est pas des plus engageants. On se dit que de toute façon, on n’est pas là pour un week-end touristique, et on commence l’apéro sur un parking, abrités par le coffre ouvert de notre voiture. En se mettant en route pour rentrer dans le festival, on se perd autour de la Cité du Design, on ne comprend pas trop la signalétique mise en place par le festival, ça nous fait un peu tourner en rond. Notre route croise alors celle de plusieurs Stéphanois, qui nous offrent des bières et nous finissons la route ensemble. Arrivés devant l’entrée, les basses arrivent à nos oreilles, et on entend le bruit des vitres de la cité du design qui tremblent, s’accordant au rythme lointain de la musique, et cela me donne une impression quelque peu mystique de ce lieu gigantesque et paraissant déserté, mais habité pour la nuit par un engouement musical hors du commun.

Dès qu’on entre dans l’enceinte du festival, on tombe directement sur La Cantine à gauche. On y trouve l’espace de restauration, beaucoup de tables, un espace pour danser et de la musique. À La Cantine, on s’y sent un peu comme à la maison, et c’est l’endroit parfait pour se reposer un peu les jambes quand l’envie nous en prend. La musique est atmosphérique, ça nous repose sans nous endormir. Mais on n’y reste pas longtemps, l’envie de découvrir le reste du festival est trop grande. On arrive ensuite dans la cour principale, un peu gadoueuse avec la pluie fine et constante ce soir-là. La cour est au centre des 3 salles, et c’est le lieu de rendez-vous de tous ceux qui ont perdu leurs potes par-ci ou par-là. Sinon tu peux t’asseoir sur des palettes, mais vu le temps il n’y a pas grand monde dehors. 

C'est parti pour l’exploration des 3 salles principales : chacune a son atmosphère. 

Le bâtiment 242 est sûrement la plus grande salle, ce soir là tourné vers l’expérimental et la techno. Le bâtiment 249 a une ambiance bien à lui : assez éclairé aux tons rosés, avec un style différent des autres salles, plutôt orienté rituel et house. Et enfin La Galerie, ma scène préférée ce soir-là, aux allures de techno et d’indus. C’est aussi la seule salle dotée de toilettes intérieures et donc (plus ou moins) PROPRES

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Il est minuit passé, nous retournons bat. 242 pour la fin de la prestation de Varg. Cette figure centrale du label Northern Electronics laisse un public très chaud, et cède la place à Rrose. Cette drôle de créature nous épate toujours, avec son identité bien à lui (ou elle ?), et le mystère autour de son personnage entretient l’énigme musicale qui règne autour de lui. Ce dont on est sur, c’est que ses prestations sur scène sont de l’ordre de l’expérience pour le public, avec un lien intimiste, sacré, qu’il lie avec nous par sa musique puissante et tranchante. C’est donc pendant une heure que le public n’a pas bougé du bat. 242, la salle habitée d’un état de transe générale, pour savourer avec quelle précision l’artiste gère sa musique du bout des doigts. C’est donc une techno qu’on redécouvre, la répétition et la lourdeur des beats font sens et arrivent jusqu’à nos oreilles pour nous apporter la plus grande des satisfactions.

A la fin de son set, et habités du sentiments que le début de ce festival promet un week-end grandiose, nous nous rendons à La Galerie, et sommes au début un peu décontenancés par l’atmosphère totalement différente qui règne ici. C’est Broken English Club qui investit la scène, une découverte pour moi. Sa musique bien à lui est certes déconcertante au début, tout comme le public à ce moment-là, dans un état de transe, comme hypnotisé. Au bout de quelques minutes je comprend ce qu’il se passe autour de moi; la musique de l’artiste résonne comme une incantation. Il accompagne ses beats de paroles, que je ressens comme une sorte de prière. Sans se précipiter, il fait monter la tension chez le public, et lorsque éclate sa musique, l’ambiance est concentrée, les esprits se laissent transporter et seuls les corps restent accrochés à ce sol, foulé d’une seule et même envie de s’évader. Pari réussi pour Broken English Club, qui m’a fait voyager tout au long de sa prestation. Car au delà d’une musique transportante, c’est un show que nous offre l’artiste, hypnotisant nos yeux comme nos oreilles. 

Le temps de faire une pause cigarette à l’extérieur et de reprendre quelques forces, nous fonçons au bat. 249. Expérience intrigante, on se croirait dans une autre soirée, tout est très différent. La musique, l’ambiance, nous préférons donc retourner à La Galerie, avec la soif de découvrir de nouveaux artistes. Grande surprise, le dj est en plein live de guitare électrique. Il s’agit de Maoupa Mazocchetti, un artiste surprenant et inclassable. Accompagnant ses rythmes de la plus étonnante des manières, la musique de Maoupa Mazocchetti est pleine d’originalité, tout en restant maîtrisée. C’est encore une belle surprise, et à ce moment-là j’en suis convaincue, Positive Education est un festival plein d’inédits, qui mérite sa place parmi les meilleurs festivals techno proposés. 

Je finis la soirée au bat. 242, avec un closing de Regis, qui nous offre une techno brutale, empreinte de l’héritage post punk britannique. Il régale le public pour les deux dernières heures, et à 5h on reste quand même un peu sur notre faim, avec l’envie de continuer à faire la fête, mais on sait qu’on se régalera le lendemain et on va se coucher avec des étoiles plein les yeux (et les oreilles)

 

Samedi 11 novembre 

 

Après une journée tout aussi pluvieuse que la veille, cette fois l’apéro se déroule à la cité du design, dans un hall éclairé et abrité, que demander de mieux ? On ne tarde pas à rentrer dans le festival, pressés de passer une soirée aussi réussie que le jour d’avant. 

On commence en douceur au bat. 249, avec de la house énergique et pleine de bonnes vibrations. Je fonce ensuite au bat. 242 pour Ancient Methods. Pendant les 1h30 de set je ne décollerais pas de la salle, la techno de qualité que nous a livré l’artiste aura eu raison des autres salles. Ancient Methods, animé par une passion née au coeur du Berlin des années 90, a encore une fois transmis une techno industrielle qu’on aime, un son brutal et plombé qui a fait trembler les murs de la cité du design et fais battre les coeurs du public. 

 

À 3h, direction La Galerie pour le rendez-vous avec l’incontournable Manu le Malin. Un choix pertinent pour le closing de La Galerie, ce soir-là orientée Acid et Hardcore. Manu le Malin, figure emblématique qui a traversé les époques, véhicule sa passion de la scène hardcore avec fureur et fracas. Plus besoin de vanter ses mérites après plus de 25 ans de parcours. Le public l’a compris et attendait avec impatience sa musique, dure et hantée. On pouvait sentir l’atmosphère fébrile, et dès que le maitre du hardcore a pris place, l’ambiance explosive est restée sous-haute tension pendant les deux dernières heures de la soirée. L’artiste, sûrement plus calme qu’à son habitude, en a peut-être déçu certains, mais son set était empreint d’une maitrise impressionnante, qui a été à la hauteur de mes espérances. 

En même temps, Terrence Fixmer et Douglas Mc Carthy s’alliaient au bat. 242 pour une musique aux multiples facettes, des influences très 80s, voire franchement EBM, aux oscillations de techno moderne et hypnotique. Le duo a marqué son identité esthétique et stylistique, et la foule leur a rendu le plus grand des soutiens. 

 

Ce soir-là, difficile de faire un choix parmi tous les artistes de choix qui passaient au même moment, et c’est avec Manu le Malin que j’ai clôturé la soirée. Ce dernier a d’ailleurs fini son set d’une manière surprenante, en nous dévoilant un de ses nouveaux morceaux en avant-première, assez différent de sa musique habituelle. À tous ceux qui l’ont aimé, il faudra attendre 2018 pour sa sortie officielle. 

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La soirée déjà finie, nous fonçons au Clapier pour le dernier after du festival. Dans cette ancienne gare, l’ambiance est totalement différente, la musique plus calme, ce qui ne fait pas de mal à nos corps épuisés. Et bonne surprise, la pinte est à 4 euros ! Nos porte-monnaies nous remercient de ce don du ciel. Nous ne resterons pas jusqu’à midi, le retour en voiture le lendemain oblige. Cet after a quand même été une belle manière de clôturer le festival, avec des choix musicaux tout aussi audacieux que pendant le reste du week-end. 

 

Positive Education festival s’est révélé être un événement d’une exigence indéniable et on ne peut que remercier l’équipe pour cette expérience géniale. Le lieu était atypique, la musique était géniale, le public sympathique et une ambiance générale rarement aussi accueillante. Comptez sur nous pour être présents à la prochaine édition, on aura confiance en la qualité du festival les yeux fermés.


LILLE: EXIL invite Keith Carnal

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6ème édition des Nuits électriques à Lille

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