REPORT: Damso à L'Olympia

REPORT: Damso à L'Olympia

On est le 6 novembre, l’Olympia est en proie à un public qu’il n’a pas tous les jours l’habitude d’accueillir, celui des concerts de rap, qui plus est de rap dit « trash ». Avant l’entrée en scène du phénomène Damso, la chanteuse Angèle assure la première partie et réussit avec brio le pari de chauffer un public bien plus adepte du « sale » que d’une voie douce comme la sienne. 

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Le concert débute sur les notes de synthétiseur d’Angèle, qui était également présente pour le support de Damso, tout comme elle l’a récemment fait pour Ibeyi. Plutôt bien entourée la petite soeur de Roméo Elvis! Le public s’est permis de scander « Damso » alors qu’elle chantait l’introduction, avant de laisser place au showman.

Damso nous plonge dans son univers en débutant le concert avec une magnifique et mélancolique interprétation de "Kiétu", accompagné d’une scénographie dévoilant à toute la salle des photos plus ou moins personnelles du rappeur. Se sont ensuite enchaînés des sons de son premier et second album entremêlés à un visu minutieusement préparé, qui alternait entre clips, photos et jeux de lumières. Pour le son "Périscope" l’équipe a fait preuve d’une créativité qui manque à certains concerts: le fond de la scène a retransmis un écran de portable branché sur la fameuse application Périscope et affichant les commentaires des followers de Damso. D’ailleurs, cet affichage visuel se termine par un commentaire d’un fan lui réclamant la musique "lové", qui fut le son suivant du concert, ce sont de tels petits détails à détecter qui font comprendre la richesse de l’univers du Dems.

© MPM Audiolight

© MPM Audiolight

Jusqu’ici Damso se dévoilait fidèle à lui-même, solitaire. Accompagné de son seul DJ il a montré qu’il n’a aucunement besoin de l’aide d’un backeur pour tenir la foule en en haleine pendant près d’1 heure 30. Mais qui dit Paris, dit des invités de choix. Lorsqu’a retenti l’intro de "Vitrine" en feat avec Vald, le public est littéralement devenu fou, persuadé de la présence de ce dernier. Pourtant, Dems a entretenu le suspense jusqu’au bout, ne laissant entrer son acolyte sur scène qu’au début de son couplet, ce qui a fait bouillonner la foule. Vald a d’ailleurs profité de cette occasion pour annoncer son prochain album pour le 2 février, rien que ça oui. On a également eu droit à la présence de Benash et Siboy pour le son "Mobali" au plus grand plaisir de la foule qui n’a pas eu d’instant de répit depuis le début du concert. Le son "Mwaka Moon" en feat avec Kalash a été une grosse réussite, il était donc inconcevable qu’elle ne fasse pas partie du show. Il a joué avec son public en la rappant une première fois non accompagné, mais dès que la déception s’est largement faite sentir dans la salle, il a stoppé la mascarade et laissé place à Kalash pour un moment d’anthologie. Damso c’est surprise après surprise quoi!

Alternant entre des passages mélancoliques et doux comme pour les musiques "Dieu ne ment jamais" ou "Autotune", laissant le souffle coupé au public, ou des sons plus « sales » à l’instar de "Débrouillard" ou "Bruxelles Vie", Damso a entretenu un rythme parfaitement travaillé qui a donné une impression de longévité au spectacle, l’impression que ça ne s’arrêtera jamais et c’était très bien comme ça. 

Mais comme toutes les bonnes choses ont indéniablement une fin, le show s’est clôturé sur l’incontournable "Macarena", dédicacé à toutes les Sabrina (entendu toutes les femmes) de la Terre, avec un public qui ne voulait plus quitter la salle. Après un rappel endiablé, aussi bien travaillé que le reste du spectacle, les lumières se sont rallumées et le retour à la réalité fut brutal. Bien qu’il se fut senti que la musique "Amnésie" aurait été désirée, le public a quitté l’Olympia avec des étoiles dans les yeux. Le commentaire d’une personne qui s’est faite traînée à ce concert par une amie fan du rappeur résume parfaitement la situation: «Je suis sans voix». Damso a mis la barre très haut! 

Photo en en-tête par Project X Paris


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