Pont Neuf Records, pour le son, la joie et l'amitié.

Pont Neuf Records, pour le son, la joie et l'amitié.

En Pont Neuf Records réside l'essence même de la musique électronique; variété, groove, simplicité festive et proximité. Ce tout jeune label, qui vient de lancer son agence de booking, est en train de s'installer tranquillement dans le paysage parisien avec sérieux et rigueur. Rencontre avec Thomas, l'un de ses fondateurs, vivant avec passion cette expérience unique. Un seul mot d'ordre: le plaisir. 

Tout d’abord, qu’est-ce que Pont neuf Records ?

A l’origine un label, on a aussi une émission à notre nom sur Le Mellotron tous les mois depuis un an et on a ouvert notre agence de booking cet été.

D’où est justement venue l’idée de développer un projet comme PN Records et pourquoi ce nom ?

Il y a 2-3 ans, on était une sorte de « collectif » avec des amis et on organisait pas mal d’évènements en club à Paris. L’idée était d’inviter de jeunes artistes qu’on connaissait : des amis et des amis d’amis... L’idée première était de s’amuser. A force de rencontres, on a eu envie de rassembler tout ce joli monde autour d'un label dans une structure mieux organisée. Le challenge n’a pas changé depuis : produire 100% français. “Pont Neuf” c’est un hommage à notre ville où tout se mélange.

Quels sont vos arguments de différenciation dans un secteur aussi concurrentiel ?

On ne cherche pas particulièrement à se différencier des autres. Chacun propose sa formule, je pense que tout le monde le fait d’abord par plaisir et par envie de partager plutôt qu’en essayant de se démarquer sur tel ou tel sujet.

Quel fil rouge souhaitez-vous exploiter pour votre label afin de pérenniser et développer le projet ?

Le label n’a qu’un an, on n’y réfléchit pas encore à vrai dire. Bien sûr qu’il y a une réalité économique à prendre en compte, mais dans le domaine de la musique tout peut aller tellement vite dans un sens comme dans l'autre. On veut déjà voir où on en sera dans 2-3 ans avant de se demander si notre maison de disque est pérenne. Chaque chose en son temps. Avec le label, nos émissions de radio, nos évènements et l’agence de booking il y a déjà beaucoup à faire.

Comment définirais-tu le style de musique que vous aimez promouvoir ?

Hétéroclite. On ne se fixe pas spécialement de barrière, même si ça tourne pas mal autour de la house. Certains artistes du label ont des influences jazzy, d’autres space disco ou broken beat… C’est super enrichissant pour nous de travailler avec des mecs aux horizons aussi variés. C’est cette diversité qu'on a envie de faire valoir et de partager.

 Quel est ton regard sur la vie nocturne parisienne ?

On compare encore beaucoup Paris à Londres, Berlin ou Amsterdam… Mais on n’a jamais eu une aussi belle scène. Aujourd’hui Paris c’est Paris ! Il suffit de voir le nombre de clubs qui ont ouvert ces dernières années et le nombre grandissant d’organisateurs et de promoteurs. On a aussi énormément de producteurs et de djs aux identités artistiques super intéressantes. Il y en a pour tous les goûts, techno, disco, house et autres… Pas seulement à Paris d’ailleurs,  mais à Lyon, Nantes, Lille, Marseille, Toulouse... Ca bouge vraiment partout. Même les festivals plus populaires commencent à programmer des mecs qui faisaient partis d’un décor plus underground il y a quelques temps encore. C’est bien, ça met en avant la musique qu’on défend et qui devient plus visible auprès de ceux qui la connaissent encore peu.

On remarque justement une (re)naissance de la scène électronique parisienne depuis quelques années. A quoi est-ce dû selon toi ?

On est sans doute un peu trop jeune pour en juger vraiment. Cela vient sans doute du fait que de nouveaux organisateurs ou clubs ont réussi à mettre de côté les fêtes trop select ou élitistes en proposant des soirées plus accessibles socialement et musicalement plus recherchées. Tu as aussi tous les autres acteurs en dehors de la sphère « clubbing » qui supportent tout cela : tous les disquaires, les webradios comme Le Mellotron ou Rinse France qui mettent en avant la scène locale, les groupes d’échange et de découverte sur les réseaux sociaux qui fédèrent aussi un grand nombre de personnes…

D’ailleurs, dans le Grand Paris de 2016, la plupart des événements et lieux alternatifs vont de paire avec la musique électronique. Est-ce une nouvelle forme du mouvement "hippie", contestataire de la société actuelle ?

Je n’ai pas l’impression que la musique électronique d'aujourd'hui soit aussi contestataire qu’elle a pu l'être dans les années 80/90 avec le développement des raves et des free party. A Paris la musique électronique est un élément culturel essentiel et offre à la ville un nouveau rayonnement. Quand on voit comment ça se passe à Londres avec Fabric, on se dit qu'il faut en profiter.

Crains-tu qu’une forte progression en terme de popularité dénature l’ambiance et l’état d’esprit que vous souhaitez dégager avec PN Records ?

L'opposition culture mainstream et culture underground a toujours été dangereuse pour la seconde. Lorsque la sous culture devient trop visible, elle se fait manger par la culture populaire. Même si cette culture électronique est de plus en plus populaire,  elle reste pour autant marginale. Le véritable danger est de perdre ses valeurs, de se tourner vers le superficiel. A nous de veiller à rester passionné, de continuer à créer et je pense que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Dans la house, tu as des mecs comme Kerri Chandler ou Jeremy Underground qui semblent être toujours les mêmes qu’à leur début, proches de leur public et naturels malgré leur popularité. 

Je te laisse jouer le jeu de la Tracklist, une dizaine de sons qui représente tes goûts, les valeurs de Pont Neuf Records et vos pépites du moment.


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