Paris Electronic Week : on y était !

Paris Electronic Week : on y était !

La semaine dernière, la Gaité Lyrique s’est vue accueillir la très attendue Paris Electronic Week, rendez-vous incontournable aussi bien des professionnels de la musique électronique que des amateurs passionnés. Trois jours de conférences et workshops contre trois nuits de fêtes dispersées dans tout Paris, clôturés par une technoparade sulfureuse. Si vous n’y étiez pas, La Bringue vous raconte !

 

Articulée en deux formats, workshops et conférences, la PEW IN nous a offert de nombreuses réflexions sur le monde de la musique électronique, et ce d’un point de vue purement technique comme culturel. 

Si les workshops s’intéressaient principalement aux questions mêlant nouvelles technologies et optimisation professionnelle (ex: « Artistes et réseaux sociaux : comment (bien) les utiliser pour faire entendre votre musique ? » ou encore «  Analytics & Data : quel usage des données pour quel résultat ? ») les conférences se déroulant dans l’auditorium de la Gaité Lyrique offraient des problématiques plus ouvertes. 

Aussi a-t-on pu assister à des débats ciblant des secteurs particuliers de l’industrie musicale, leur redonnant toute leur importance au milieu d’un tourbillon de problématiques plus souvent idéologiques que techniques. 

C’est donc souvent modérées par des professionnels du droit (comme l’avocate française Alexandra Jouclard ou la britannique Jackie Joseph) que certaine conférences mirent ou remirent en lumière des secteurs et outils pourtant indispensables au monde de la musique qu'elle soit électronique ou non. Discussions sur les droits d’auteur et les difficultés qu’ont apportés les musiques électroniques à la gestion de ces derniers (problème du sampling notamment) s’enchaînèrent sur le nouveau rôle des technologies dans la rémunération des artistes avec sans grande surprise des invités tel que Olivier Le Covec, haut placé de la SACEM (Société des Auteurs Compositeurs et Éditeurs de Musique).

Synchronisation, Distribution, Distribution digitale, la PEW s’est également penchée sur les innovations qui transforment notre expérience en festival. Nous connaissons tous désormais le système des bracelets cashless accompagnés de leur application mobile. Aussi ce sont trois acteurs majeurs de ces technologies (Paylogic, PlayingTech et Beepeers) qui nous offrirent leur vision des innovations dans le domaine du festival. Ce qu’il en ressort ? C’est le festivalier qui reste au centre de la réflexion. C’est lui qui vient vivre une expérience globale (et non uniquement musicale), c’est donc ainsi que l’innovation doit être pensée. 

D’autres conférences nous donnèrent quant à elles d’avantage une représentation de l’écosystème musical et événementiel actuel. Comment les événements électroniques favorisent-ils le tourisme ? Quel avenir pour les sites d’écoute en streaming ? Autant de questions passionnantes se discutèrent au sein de la Gaité Lyrique. 

Aussi plus d’une fois les intervenants se sont-ils retrouvés confrontés à un mot, descendu en flèche par certains, fièrement utilisé par d’autres : « l’underground », souvent accompagné de son meilleur ennemi, le « mainstream ». Ces termes ont fait l’objet d’un sérieux débat, notamment lorsque Antoine Baduel (Radio FG) et Antoine Buffard (Trax Magazine) tentèrent de dresser un panorama de la musique électronique en 2016, mais aussi et surtout lors de la conférence qui fut sans doute l’une des plus dynamique : «Courants alternatifs : la place de l’underground en France en 2016 ».  Avec des intervenants comme les DJs AZF, Manu le Malin et Teki LATEX ou encore François Kraft (Cracki Records et Macki Music Festival) et Alexandre Merza (InFiné Records et VIF Creative Studio), le terme fut très intelligemment discuté. Aussi on retiendra que le succès n’est pas forcement synonyme de « mainstream » et encore moins contraire à « l’underground ». Il s’agit d’avantage d’une question de volonté de création. Si l’underground est le reflet d’un ressenti à un moment X, d’une certaine communauté ou contre-culture, alors il revient à l’artiste d’être à l’écoute de son public et ainsi de retranscrire dans son travail le ressenti de ce même moment. C’est à cette limite que « l’underground » se positionne. 

 

Mais la PEW s’est également intéressé à ceux qui vous font danser chaque weekend : des organisateurs de soirées ou de festivals. D’un coté, des grosses machines de l’événementiel à l’image du festival Astropolis ou la SAS Surpize (Concrète, Weather Festival, Hors-Série) et de l’autre ces nouveaux venus qui cassent les codes et font bouger la capitale : Alexandre Buton de Fée Croquer, Adrien Utchanah d’OTTO 10 ou encore Mathilda Meerschart (Possession, Jeudi Techno et Nuits Fauves) étaient donc présents pour représenter cette nouvelle vague de collectifs que l’on voit fleurir chaque jour à Paris. 

Réponses timides pour certains, vision décomplexée de la fête pour d’autres, tous tombent d’accord sur les difficultés d’organiser un événement aujourd’hui. Gouffre économique, difficulté voire incapacité d’obtenir des autorisations (dont la plupart finissent par se passer), climat psychologique difficile… Autant de barrières qu’ils s’efforcent de faire tomber. Et lorsqu’on leur demande ce qui les pousse à continuer, tous sans exception nous répondent « la passion ». 

La Paris Electronic Week fut bien riche en débat (tellement qu’il est presque impossible d’en faire un fidèle résumé), mais surtout, elle affirme un peu plus la place de la capitale française dans le classement des villes européennes qui bougent la nuit. 

En espérant que Paris gagne encore en dynamisme d’ici la prochaine PEW, dans un an tout pile !

 

 

 


Track de la semaine : Moodymann - No [KDJ44]

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En slip chez les roumains (Interval Natural, Rasnov)

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