Il était une bringue: Dominique @ Order 004

Il était une bringue: Dominique @ Order 004

Order est né de la collab entre deux crews. D'un côté OFF, réputé pour des soirées techno indus dans des warehouses inédits en banlieue parisienne ; de l'autre Fée Croquer, projet à but caritatif qui organise des events d'anthologie dans d'immenses hangars désaffectés. La rencontre de ces deux collectifs laissait donc présager des soirées très attrayantes...

En effet, le bébé Order a, à l'instar de Fée Croquer, une dimension caritative, puisque les recettes des soirées serviront à mettre en place des journées de découverte de la culture techno pour les personnes handicapées. De plus, il se distingue des soirées Off par des horaires en journée (habituellement midi-minuit), ce qui permet en théorie d'avoir une ambiance plus...calme comparée aux excès des Off.

Malgré quelques mésaventures à ses débuts (dont l'annulation de leur soirée God Bless Order prévue dans une église), Order semble s'être bien déjà bien ancré dans la sphère techno locale après quelques mois d'existence à peine, notamment grâce à leurs soirées dans un squat à Saint-Denis. Ils y retournaient le 14 juillet dernier pour leur 4ème event. 

En ce jour de fête nationale ils accueillaient, après Détroit, un line-up dédié à la capitale actuelle de la techno, Berlin et son club phare le Berghain / Panorama Bar, dont 3 résidents (Norman Nodge, Fiedel et Boris) étaient invités ce jour-là. A ces 3 noms prestigieux étaient associés 3 autres Djs sans doute moins connus, mais tout aussi réputés auprès des amateurs de techno violente : l'anglais Steve Bicknell, VSK le nouveau résident Order et l'italien Wrong Assessment. Tout cela donnait un line-up des plus qualitatifs, comme ceux auxquels ils nous ont habitués par le passé, et j'avais bien hâte de découvrir le résultat.

  ©  Tom jö

© Tom jö

Arrivé sur les lieux à 15h (la soirée d'ouverture du festival Peacock Society la veille m'avait quand même épuisé), je commence à déambuler sous un soleil de plomb dans ce que les organisateurs de la Order appellent un « village techno » en plein air. Plusieurs foodtrucks y sont installés, on y trouve aussi un stand de vente de vinyles tenu par Musart Concept Label et Latouch. A cela s'ajoutent des installations en bois pour s'y reposer – qui me rappellent les coins chill de la [BP] à Bobigny. 

L'endroit commence à peine à se remplir, l'ambiance est super détente. On peut y faire des retrouvailles entre bandes de potes, ou alors taper la discute avec les bénévoles au vestiaire. Niveau organisation, je n'ai pas grand-chose à redire, tout est bien en place, que ce soit au bar ou aux toilettes. Bon, assez reposé, il est temps de bouger devant le son !

La warehouse, impressionnante, est le cœur des festivités de cet après-midi. Quand j'y pénètre, une foule assez éparse danse déjà frénétiquement sur les kicks envoyés par l'italien VSK. Les enceintes Funktion One, de part et d'autre du DJ, crachent un son satisfaisant, mais je suis quand même un peu déçu du volume sonore, correct mais peut-être un peu bas pour mes oreilles fatiguées. La population est un mélange hétéroclite d'individualités flamboyantes et de clubbeurs plus traditionnels, on y sent l'influence de Berlin tant au niveau des vêtements noirs que de la danse. 

  ©  Tom jö

© Tom jö

Mais cette influence berlinoise se ressent surtout dans la musique : tout l'après-midi, c'est une succession sans fin de kicks bien gras et lourds, de mélodies stridentes et d'assauts acid qui résonne dans la grande salle, plongeant les danseurs dans une transe effrénée. Ici et là, des sons plus EBM, voire quelques tracks décidément plus groovy comme le remix de Debbie Jacobs par Robert Hood, interrompent pendant quelques minutes les kicks techno avant que ceux-ci ne reprennent de plus belle. Il y a beaucoup d'espace pour danser, et des palettes en bois sur les côtés pour se reposer, on s'y sent bien, sur ce dancefloor. 

VSK, Wrong Assessment, Steve Bicknell, Boris et Fiedel se succèdent aux platines, sans que le niveau d'énergie ne baisse d'un poil. Boris en particulier, dont les récentes frasques au Panorama Bar ont été beaucoup commentées, a envoyé cette fois-ci une techno puissante et acérée. Finalement, vers 22h, je décide de rentrer chez moi, épuisé, regrettant tout de même de manquer le set de closing de Norman Nodge qui durera jusqu'à 1h du matin.

  ©  Tom jö

© Tom jö

Dans l'ensemble, j'ai vraiment kiffé cette Order : le lieu était fantastique, la population hyper cool, l'ambiance et le son étaient aussi au rendez-vous. Je regrette quand même l'absence d'une seconde scène House/Micro qui aurait constitué une alternative intéressante à la techno de la grande salle. De plus, cette soirée avait l'air moins remplie que les précédentes, ce dont je ne me plains pas, mais la warehouse pouvait avoir l'air un peu vide par moments. 

Ces petits détails mis à part, les orgas de Order ont trouvé une formule gagnante, puisqu'ils ont une ligne artistique cohérente et pointue, un lieu remarquable et un public pour qui ces fêtes sont taillées sur mesure. Pour une communauté qui se passionne de plus en plus pour les sonorités industrielles, et qui a faim d'espaces de liberté dans des lieux insolites, Order se détache clairement des soirées banales en club de la capitale. En tout cas, j'ai hâte de voir les événements qu'ils vont nous préparer pour la suite !


DGTL : Lancement des festivités à la fin de la semaine !

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En écoute : Bohn nous donne un avant goût de la prochaine Drøm

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