[INTERVIEW] Modern Ritual s'associe à Clément Bertrand et se met au cinéma !

[INTERVIEW] Modern Ritual s'associe à Clément Bertrand et se met au cinéma !

Modern Ritual est encore bien la preuve que la ville de Lyon regorge de jeunes artistes talentueux, à la base une marque de prêt-à-porter et un label de musique électronique le collectif collabore et s'agrandit. Avec un univers visuel et musical très particulier, SomberHills et Clément Bertrand t'embarque pendant 20 minutes dans la mystérieuse soirée de quatre jeunes amis aventureux. Atmosphère pesante et sonorités techno en fond, le pari est plus que réussi. J'ai pu poser quelques questions à Romuald, directeur artistique et Clément, réalisateur du court métrage.

Explique nous, qu'est ce que c'est Modern Ritual ?

R : Je suis directeur artistique et co-créateur de Modern Ritual. Si je dois définir Modern Ritual, c'est avant tout un projet global alliant mode et musique électronique. On voulait créer un label en parallèle et au final pourquoi pas créer un label au même nom et mettre en avant la musique à travers les vêtements. Enfaite, l’univers est similaire, assez sombre, tribal et spirituel. Et c’est à ce moment là qu’on s’est dit “Pourquoi pas créer une seule entité ?” et mettre en avant l’un et l’autre. Dans les vêtements on vise la sobriété, le design et la qualité, les couleurs sont très froides. Dans la musique c’est la même chose. On s'inspire du monde de la nuit et du mouvement techno.

Alors qui design les vêtements du coup ?

R : Alors au niveau des design c’est vraiment Mehdi et moi. Je suis graphiste, je gère tout ce qui est image de la marque, mais par contre au niveau des vêtements c’est Mehdi et moi. (Donc Mehdi qui est mon associé qui lui gère tout ce qui est aspect commercial, marketing.) Mais on apporte tous les deux nos idées, c’est une marque qui vraiment à notre image à nous deux. On a aucune base là-dedans, depuis 2015 on a appris petit à petit, et c’est ça qui est assez intéressant je trouve. On a pas cette frontière de designer, on est assez libre. Pour l’instant on est resté sur des modèles assez classiques mais petit à petit on va amener quelque chose d’un peu plus fou. La première collection on est restés sur du classique parce qu’on a appris tout ce qui est technique. Mais maintenant qu’on connait on va commencer à proposer des choses qui nous ressemblent un peu plus, et qui comme je disais vont mettre en avant la musique. Modern Ritual c’est une marque de vêtement qui s’est toujours inspirée de la musique électronique et du monde nocturne, cela se retrouve à travers les visuels mais aussi à travers du design. Par exemple on a une poche secrète sur chaque T-shirt de la taille d’un carte bleue, qui permet donc d’y mettre carte bleue, ticket de vestiaire, des clés. On parle en connaissance de cause, j’ai perdu je ne sais pas combien de cartes et du coup on s’est dit pourquoi pas rendre service à ceux qui aiment faire la fête !

Le site de la marque.

Comment l’idée de faire un court-métrage vous est-t-elle venue ?

R : SomberHills nous a envoyé des démos qui nous ont inspiré et on a commencé  à avoir cette idée de faire un court-métrage, sachant que ce n’est pas du tout dans nos compétences. Et donc on a soumis ce projet à Clément qui est un ami, et instinctivement il nous a dit qu’il avait des idées, ça l’a tout de suite inspiré. On lui a dit qu’on voulait faire ça depuis un petit moment, mais que l’on a avait pas les moyens. Et à partir de là on s’est dit que c’était peut être le moment où jamais de le faire. Clément à vraiment apporté sa touche personnel, il a fait des études dans le cinéma, c’était un peu la pièce manquante du puzzle.

C : Moi je travail depuis très longtemps, je suis monteur à la base. Un jour j’ai eu envie de créer, parce que quand on est monteur on est vraiment tributaire du projet en cours, et là je voulais créer un projet de A à Z. J’ai rencontré le duo SomberHills qui est le co-auteur du film et qui est musicien. Et on a essayé d’écrire un film comme se donnant comme challenge d’écrire des images à partir de leur musique, et pas l’inverse. À partir de ce qu’on avait créé au départ avec Mehdi, Romuald, SomberHills et d’autres, on avait envie que ça soit un premier film pour tout le monde et que nos comédiens soient débutants. Et on voulait avec un minimum de budget montrer en 20 minutes ce que nous tous ensemble on savait faire et pouvait faire. Et aussi pour laisser penser que si on nous donnait un peu notre chance on pouvait faire de très belles choses. Moi j’ai adoré travailler sous la contrainte de la musique, parce qu'en faite c’est un peu mettre mon rêve à exécution, j’ai toujours rêver d’être musicien. Et quand on fait du montage on travail sur le rythme, on travail sur les émotions, et travailler en partenariat avec un musicien c’est apprendre à travailler différemment, pour un auteur, pour un réal aussi. J’aime beaucoup ce film parce qu’il a un truc d’hyper instinctif que tu peux retrouver dans des tracks. C’est surtout un travail collaboratif.

R : Enfaite c’est comme si on apportait une partition à un chef d’orchestre et que au lieu de se limiter à ça , il décide de laisser une partie à l’impro. Et c’est ça qui a été cool, c’est que ça a été un lien entre ces deux artistes là, Clément et les artistes de SomberHills.

Est ce que tu penses que le fait de pas avoir de moyens cela apporte plus de créativité ?

C :  Bah oui et non parce que ça te bride beaucoup mais par contre t’es obligé de créer plus. On a eu un travail de post-production extrêmement long pour un film aussi court parce qu’il fallait rattraper ce qu’on pouvait pas faire parce qu’on avait pas les moyens. C'est le petit côté "cheap" qui apporte un peu de réel.

R : Enfaite à la base c’est une histoire de frustration du fait que l’on puisse pas faire exactement ce que l’on veut, et dans cette frustration là bizarrement on développe quelque chose d’instinctif où on va trouver des moyens qu’on aurait pas pu trouver. 

C : Le cinéma c’est un peu l’art qui réunit tous les savoir-faire en un.  Et c’est vrai que pour des jeunes gens qui veulent faire des films, c’est de plus en plus dur, il y a de moins en moins d’aides. Et  nous on a été confrontés à faire un film qui peut être en coût de production on valait vingt fois plus, mais avec très peu. Et du coup personne est payé mais on est face à des artistes qui ont envie. Et on espère qu’on pourra trouver des fonds pour réaliser le chapitre 2 et 3 qui ont déjà été écrits.

Leur campagne crowfunding.

D’après toi, qu’est ce que la musique va apporter au film et qu’est ce que le film va apporter à la musique ?

C : Alors j’ai une réponse un peu tout faite mais moi qui suis monteur image, je te dirais que les émotions partagées au cinéma sont 60% dues au son et 40% dues à l’image. Dans le sens où le son à une importance folle. Je te livre même un petit secret, moi quand je monte je commence par monter mon son, je monte pas l’image tout de suite. L’image pour moi c’est un habillage, le son c’est une structure. Et travailler avec un compositeur au même titre que travailler avec un arrangeur, pour moi c’est fondamentale. Et je crois que mon meilleur ami en post-production c’est l’ingénieur son, c’est le mixeur. Je me sens très proche du son en tant que monteur image. C’est à la fois paradoxal et hyper logique.

R : Moi qui ne suis pas dans le cinéma à la base j’aurais été un peu sceptique face à ce qu’il dit mais je le rejoins au final là-dessus. Et c’est vrai que le son chacun a sa propre interprétation et le ressens différemment.

L'esthétique du film est très travaillée, comme êtes-vous arrivés à ce résultat là ?

C : Moi j’ai été formé dans le milieu de la pub donc l’esthétique me parle beaucoup. Oui on aime ne rien laisser au hasard, s'attarder sur les détails. Chaque couleur à l'étalonnage, chaque image au montage est choisie, tout comme le mixage de la musique qui a été particulièrement soigné.

Tu as des références cinématographiques ?

C : C'est d'abord là où j'ai été formé, chez Falabracks avec qui j'ai travaillé sur des pubs Chanel, Paco Rabanne etc. et surtout des documentaires très esthétiques. Après en référence cinématographique pour ce film j’ai bien-sûr Gaspard Noé, son lien avec la musique, c’est une évidence, je pense aussi à David Lynch. Enfaite à pleins de réalisateurs qui te font sentir quand tu regardes leurs films que rien n’a été laissé au hasard.

Pour visionner Projet Zéro, prochaine projection le 4 avril au Super5 ! Lien de l'event Facebook.


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