Mais qui sont-ils ?!

Mais qui sont-ils ?!

La scène underground parisienne est en essor depuis maintenant plusieurs années, portée par une jeune génération d'individus friands de sensations et d'expériences. Mais, au delà de l'offre proposée par ces collectifs, labels et associations, on commence à se demander qui sont les gens cachés derrière ces événements festifs ? A travers les interviews de Sled (Latence Records), TAOS et Tour-Maubourg (Pont Neuf Records), nous allons tenter d'éclaircir le sujet. Etudiants ? Artistes à temps plein ? Jeunes travailleurs ? Découvrez ici les profils très différents qui structurent le monde des bringueurs et leur vision de la scène actuelle !  

Si vous voulez garder le mythe du DJ mystérieux caché derrière ses platines, passez votre chemin. En réalité, le DJ parisien est un jeune comme toi et moi, passionné de musique, habitant dans un petit appartement, faisant ses courses tous les jours et s'inquiétant parfois de ses rentrées d'argent.

Meet Sled, résident chez Latence Soundsystem et pour Beau Mot Plage; "J'ai depuis mon adolescence été touché par l'univers de la musique électronique de manière assez générale. Je me suis mis à collectionner les disques petit à petit comme un audiophile lambda jusqu'à finir par bosser un été pour m'acheter des MK2 et de les jouer dans mon salon. A force de sortir, j'ai rencontré des gens intéressants qui sont devenus des amis et qui partageaient ma conception des choses."

 Retrouvez Sled jeudi soir à Lille ! 

Retrouvez Sled jeudi soir à Lille ! 

Avec la démocratisation de la musique électronique et la simplification des outils nécessaires à son élaboration, le nombre de DJs a explosé ces dernières années. Par conséquent, et compte tenu de l'âge de nos jeunes artistes, grand nombre d'entre eux ont commencé par des études. Cependant, le temps et l'équilibre des passions sont rapidement devenues de réelles problématiques, comme nous l'explique Sled:

"Je n'arrivais pas à trouver le temps nécessaire pour me mettre dans de bonnes conditions pour être prolifique comme je le voulais en production. Puis à la fin d'une année au milieu de mes études (fac de droit), j'ai décidé de mettre toutes les chances de mon côté en me consacrant à ça et en trouvant un petit boulot à côté."

C'est là que réside la grande problématique pour tout jeune artiste; la question du temps. Des risques sont à prendre, des décisions importantes en tête. Dans toutes les rencontres que j'ai fait, là où réside le plus grand doute est au niveau de l'investissement qu'est prêt à faire le jeune DJ. Est-ce qu'on considère le fait de digger et mixer comme un hobbie à côté d'une trajectoire de vie plus classique ou est-ce qu'on prend le risque de tout plaquer et s'investir à 100% dans le projet ? Quoiqu'il en soit, on ne peut que respecter l'engagement de ces gars.

"Ca fait maintenant plus ou moins 5 ans que je fais de la prod, et quelques 2 ans que je suis dans la House. J'ai commencé à Montréal où j'étudiais à l'époque, puis je suis arrivé à Paris en 2013 mais je n'ai rien lancé de concret avant 2015." Tour-Maubourg, lui, est le petit dernier arrivé du label Pont Neuf Records, qui vient tout juste de sortir sa deuxième compilation, Habemus Paname II, vantée par Laurent Garnier ainsi que Trax Magazine ("The best young talents of the french house scene")

"Je trouve l'équilibre assez facilement je dirais, je bosse la journée et je produits/mixe la nuit. C'est vrai que je ne dors pas énormément, mais c'est vraiment plus un plaisir qu'autre chose. Et pour l'instant, ça fonctionne."

En tant qu'amateur de musiques électroniques et grand humaniste, ce que j'ai le plus apprécié dans les réponses de nos 3 artistes est la grande modestie dont ils font preuve et la mise en avant de la passion musicale avant toute forme de business ou "d'élimination de la concurrence". Les deux grandes questions étaient de savoir s'il y avait une concurrence entre les différents labels/artistes parisiens ("Décidément, le mot concurrence revient souvent ! Je pense qu'en musique électronique et dans la création en général, la solidarité est toujours très présente !"). Et leur vision des plateformes de digging, à l'instar de Chineurs de House et Beau Mot Plage, pouvant nuire à l'unicité des artistes.

"Je pense qu'une passion peut se développer en parallèle des études ou du travail sans être un simple hobbie. Etre dépendant financièrement d'une passion ça met une pression qui nuit à la créativité et au plaisir."

Voilà la réponse qu'il fallait, et elle nous vient de TAOS (The Art Of Sounds), autre artiste chez Pont Neuf Records"Avant Pont Neuf, on organisait déjà des soirées avec quelques potes de l'actuel label. De fil en aiguille, on a été dans des clubs de plus en plus cool. Pont Neuf, c'est plus qu'un partenariat, j'ai grandi artistiquement avec certains membres depuis maintenant 4 ans !"

L'autre interrogation circulant aujourd'hui est justement la perte de charme et d'unicité du digging avec l'apparition des différents groupes mentionnés plus haut. Mais en tant qu'artistes millénaires, les réponses sont catégoriques;

"Je trouve que ce sont des plateformes géniales, mais je ne sais pas s'il faut les voir comme un outil. Je veux dire par là que je ne vais pas sur Chineurs de House pour remplir ma bibliothèque de sons pour mon prochain set, mais plutôt pour découvrir des artistes que je n'aurais peut être pas découvert sans eux. Et je pense que le digging doit être accessible, la musique c'est avant tout du partage selon moi et ça aide au développement de la scène underground." Me dit Tour-Maubourg.
et à TAOS de rajouter: "Je trouve que le plus important c'est de découvrir et de faire découvrir de la bonne musique oubliée. Je trouve ça triste qu'un morceau paraisse meilleur par ce qu'il n'a que 50 vues sur YouTube, et vice versa. Il y a quelque chose de généreux: j'ai trouvé une pépite mais je ne la garde pas pour moi, je la partage."

La pépite de Sled

Positifs ou négatifs, les avis divergent sur l'utilité des communautés facebook de digging, mais quoiqu'il en soit, le principe de partage et de passion sont le mot d'ordre, et ça fait vraiment plaisir. Quand je demande à Sled comment, justement, se démarquer lorsqu'on est jeune DJ, dans cet ère de "recherche de la plus grosse pépite", il répond sans hésiter; "La production ! Aujourd'hui, comment te démarquer sans créer ? Beaucoup de passionnés, de bons DJS - à toi d'avoir ton identité et d'affirmer tes goûts en mettant en avant ta fibre artistique !". Avec une réponse comme ça, aucune chance que Chineurs de House soit considéré comme une menace ! 

La pépite proposée par TAOS

A la façon d' Eddie Huang à la fin d'un épisode de Fresh Off The Boat, je vais conclure ce papier par des mots simples et doux. On a beau vivre dans un monde archi concurrentiel, que ce soit dans les affaires ou dans l'art, et pire, on a beau être des parisiens de merde, lorsqu'on parle de culture underground, il n'y a pas de compétition, juste de l'amour et une passion commune pour la musique. Fresh off La Bringue with Louis Sco - We out.

Celle de Tour-Maubourg

La Bringue lance son robot qui parle sur Messenger ! Il s'appelle L2-B2, il est ton guide de sorties électroniques. Disponible partout, tout le temps, il fonctionne comme Siri. Discute avec lui :


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