Katapult 20 ans, acte 1 avec Ricardo Villalobos (Report)

Katapult 20 ans, acte 1 avec Ricardo Villalobos (Report)

Les orgas de Katapult ont célébré ce week-end les 20 ans de leur collectif, un anniversaire qu'ils ont fêté en grandes pompes avec pas moins de 3 soirées dans 3 lieux différents de Paris, et en y invitant certains de leurs plus fidèles collaborateurs ainsi que quelques étoiles montantes de la techno. Je me suis rendu à l'event du vendredi, où Ricardo Villalobos et Max Vaahs ont joué de minuit à midi dans un À La Folie rempli pour une soirée d'anthologie...

Parmi le nombre d'artistes qu'Alex et Laetitia Katapult ont invités à jouer à leurs soirées, Ricardo Villalobos est sans doute le plus emblématique. Et bien que les gros festivals tels que Weather et Peacock invitent le DJ fantasque assez souvent, la Kata reste bel et bien la soirée privilégiée à Paris pour voir un Ricardo au sommet de son art. On a ainsi tous entendu parler d'un set mythique du Chilien à l'Electric en 2013, où des vidéos le montrent réalisant des folies musicales au petit matin.

Pour ma part, malgré mon admiration pour l'audace et la vision de ses productions – ou devrais-je plutôt dire ses explorations sonores aux marges de la dance music-, j'ai été relativement déçu de ses sets en festival en général. Et ce n'est qu'à la Fabric à Londres que j'ai réellement compris la magie du mec en club, lors de 2 matinées enivrantes où il a mixé comme à son habitude de 6h jusqu'à midi et au-delà: le genre de set intense, féerique, prodigieux (plein d'autres mots hyberboliques me viennent à l'esprit), dont on ne se remet jamais vraiment. J'étais donc bien curieux de voir ce qu'il allait nous sortir à Paris cette fois.

Après moult péripéties, je débarque à la Villette vers 3 heures du matin. Mauvaise surprise (enfin, on s'y attendait un peu), le À La Folie est bien rempli et la configuration du lieu n'est pas forcément adapté à recevoir autant de personnes. Il y a énormément de monde devant le DJ, mais aussi sur l'escalier central, aux vestiaires et au fumoir. Je traverse la foule tant bien que mal pour essayer de trouver un endroit où respirer, tandis que Max Vaahs envoie de la grosse micro bien percussive et entraînante.

Le temps de retrouver les potes, Ricardo a déjà commencé. Les premiers cuts un peu loufoques font leur apparition, tandis que le maître manie avec nonchalance des bangers house, techno et surtout micro en les entremêlant délicatement; comme d'habitude, beaucoup de ses propres tracks et quelques hymnes bien sentis (dont les vocales de "Relax Your Body" de DFX et "I'll House You" de Jungle Brothers). Villalobos sort ainsi un set terriblement efficace, qui à de nombreuses reprises provoque des cris d'exclamation de la part du public, mais en restant cependant un peu plus "safe" au niveau de la selecta que ce qu'il m'avait montré à la Fabric. Pas de pop bizarre, ni d'electro futuriste, ni de funk chelou, dommage ! Malgré tout, quelques envolées de breakbeats bien kiffantes quand même, des phases expérimentales assez aventureuses et un track micro avec des vagues de mélodies synthpop transversales que j'ai adoré.

© Vovotte Recto Verso

© Vovotte Recto Verso

Le set de Ricardo atteint son climax lorsque, suivant près de 10 min de vocales espagnoles sur fond de ronflements de basses informes (son track "Mas Profundo Que Mis Pies" avec Max Loderbauer), il tease pendant un long moment un bout de mélodie que tout le monde reconnaît, avant d'envoyer enfin le classique parmi les classiques, "French Kiss" de Lil Louis. Cet anthem de la Chicago House, avec ses gémissements féminins et son splendide ralenti-puis-accéléré, coïncide parfaitement avec le soleil du matin. Tout le monde a les bras en l'air et le sourire aux lèvres.

© Vovotte Recto Verso

© Vovotte Recto Verso

Max Vaahs reprend les platines à partir de 9 heures. Le dancefloor commence tranquillement à se vider, ce qui donne une atmosphère plus douce et plus bienveillante. Et alors que la lumière du soleil pénètre dans le bar/club encore bouillant et que l'ambiance se fait plus sereine, le talentueux DJ de Francfort balance des tracks house ensoleillés et electro ultra funky absolument dévastateurs; je ne pense pas être le seul à avoir vécu un moment assez magique à cet instant-là. Ce genre d'instant intemporel où le temps semble se figer tant la vibe est belle...Très vite cependant, midi sonne la fin du rêve, et il est temps d'affronter le froid dehors et le périlleux retour en transports.

© Vovotte Recto Verso

© Vovotte Recto Verso

On remercie chaleureusement Katapult pour cette énorme soirée, ces émotions musicales intenses, éphémères et pourtant éternelles, malgré quelques petits accrocs au niveau du lieu très vite oubliés devant la qualité des sets proposés. Je n'ai hélas pas assisté aux deux autres soirées du weekend, mais je ne doute pas qu'elles aient été tout aussi splendides, en particulier celle du dimanche à Mains-d'Oeuvres. Happy 20 years, et merci encore les Kata !

Petite playlist de tracks reconnus à cette soirée (sur le groupe micro-love Beau Mot Plage):

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Release Party du Brox Festival au Generator Hostel

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Track de la semaine : Harrison BDP - Decompression

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