INTERVIEW : dans les coulisses du collectif Oma

INTERVIEW : dans les coulisses du collectif Oma

Crédit photo de couverture : Walid Boo Pic

Etant toujours à l'affût de ce qui sort de l'ordinaire, le collectif Oma nous a intrigué par ses débuts prometteurs. Proposant une lignée artistique originale, nous nous sommes penchés sur leur programmation à venir, et on peut dire que le collectif lyonnais est à la hauteur de nos attentes. 

 

Après une très bonne soirée le 23 Septembre, avec pour guest Woo York et Denis Horvat, on peut sans risque dire que la rentrée est assurée. Le collectif ne s’arrête pas là et annonce 3 dates toutes aussi alléchantes les unes que les autres. 

 © Gaëtan Clément

© Gaëtan Clément

LE 31 OCTOBRE AU BELLONA : FRANKEY & SANDRINO

Le bateau du Bellona recevra le 31 Octobre une soirée électrique assurée par le duo allemand Frankey & Sandrino. Le Bellona fait désormais partit des partenaires fidèles à OMA. Le fondateur du collectif nous confiait dans une interview « ils nous ont tout de suite fait confiance, le staff est adorable, on leur restera fidèles ».

 

LE 02 DECEMBRE AU PETIT SALON : KIASMOS, SHANGO & DE ANGELIS

C’est au Petit Salon que Janus, du duo islandais Kiasmos, posera ses valises pour une soirée, nous offrant sa techno minimaliste et expérimentale. Il saura surprendre les esprits, comme ils ont su le faire bien des soirs auparavant. 

 

LE 22 DECEMBRE AU BELLONA : GERD JANSON

Pour clore ce semestre de fête, le co-fondateur du Running Black label sera présent à bord du Bellona pour nous offrir ses digs de house, lors d’une nuit plus que dansante.

 

 © Gaëtan Clément

© Gaëtan Clément

Chez Goosebump on est curieux, on a donc décidé d’en savoir un peu plus sur les dessous du collectif.

"On se voit tous en dehors de nos propres évènements, on a tissé des liens solides et c’est sûrement ce qui fait notre force aussi."

A cette occasion j’ai rencontré William, un des djs résidents d’Oma, qui a répondu à mes questions : 
 

Qu’est-ce que tu peux nous dire sur toi ?

Pour ma part je suis Simatik, l’un des DJ résidents Oma depuis sa création, et plus que ça un membre d’une bande de potes. On se voit tous en dehors de nos propres évènements, on a tissé des liens solides et c’est sûrement ce qui fait notre force aussi en plus de notre goût commun pour la melodic, deep pour certains, techno pour d'autres.

A côté de ça je suis prof de maths, j’essaye de moderniser l’image du vieux prof aux cheveux blancs, un peu geek et qui s’habille en Quechua. J’aime cette ambivalence, je retrouve mon esprit scientifique dans ma façon de mixer parfois en faisant attention aux harmonies, à la progression, à la technique. D’ailleurs Simatik, écrit Cymatique, c’est l’étude des formes que prend la matière en réaction aux différentes fréquences sonores. Il y a une portée symbolique, la musique a un impact dans la matière, sur nos vies, j’aime bien garder cette idée-là en tête.

J’ai commencé à produire des petits trucs pour moi et j’espère dans les prochains mois sortir un EP, mais je prends mon temps, je préfère la qualité à la quantité et je suis très exigeant sur ce que je veux créer.

Concernant mon parcours et mon style j’ai une petite bio qui résume un peu tout ça : "Enfant du terroir et de la scène lyonnaise, Simatik affectionne les nappes mélodieuses. En tendant l’oreille on saurait reconnaitre la pâte envoûtante et éclectique de John Talabot, la subtile efficacité de Marvin & Guy ou encore la profondeur de Mind Against. Résident du collectif Omā depuis sa création, il s’est illustré en première partie d’artistes comme Âme, Job Jobse ou Woo York. C’est par la construction et l'harmonie de ses sets qu’il surprend et transmet ses émotions, comme un dialogue avec son auditoire.
Une invitation au voyage."

 

"Les lyonnais aiment sortir et ça se voit sur les visages !"


Que pensent les artistes du public lyonnais ? 

Le premier mot qui me vient c’est hétéroclite, dans le bon sens du terme, avec comme constante l’amour de la fête. Tu retrouves tous les styles de gens, des jeunes, des moins jeunes, c’est une vraie richesse. Globalement, je dirais que c’est un public connaisseur, réceptif et bon délire, les lyonnais aiment sortir et ça se voit sur les visages ! Après c’est vrai que d’un lieu à un autre on ressent des petites différences mais c’est aussi ce qui est intéressant, pour nous DJs, d’être capable de saisir l’énergie du moment, du lieu pour capter les gens. Parfois tu es poussé à jouer plus techno, parfois tu peux maintenir une ambiance plus deep ou plus solaire, c’est le jeu. Ce que j’apprécie personnellement c’est qu’on retrouve souvent les mêmes têtes, les lyonnais sont plutôt fidèles et tu arrives à installer une forme de proximité avec les gens c’est cool, c’est important de rester accessible à mes yeux !

 

 © Gaëtan Clément

© Gaëtan Clément



Comment les lyonnais font-ils la fête ? 

Je ne sais pas si les lyonnais sont particuliers pour ça ou pas mais généralement ça sort assez tard du fait du schéma classique de soirée : apéro en appart puis décollage en boîte. A Lyon ça grouille de collocs qui “Know how to do it”, tu as des gros befores avec DJ où tu retrouves souvent le noyau des activistes de la vie nocturne lyonnaise. 

En plus d’être de bons marathoniens et d’apprécier les prolongations, je dirais que les lyonnais adorent se lâcher dès qu’ils en ont l’occasion, je pense à des closings de Sunset Society au Sucre, les Parades au Bellona ou l’open air de la Salopette à la Taverne Gutenberg pendant les Nuits Sonores où tout le monde saute partout, certains sont déguisés, la joie est palpable, ça fait des beaux moments ! 
 

"On a de belles ambitions."

 

A Oma comment ressentez-vous l'évolution de la scène électronique lyonnaise ? 

Je vois ça comme une co-évolution, des acteurs d’une part et du public de l’autre coté. L’exigence du public pousse les clubs et promoters à se renouveler, à affiner leur programmation et en retour on voit de plus en plus de gens suivre de près les évènements, sortir en masse et faire fourmiller la nuit lyonnaise. C’est une très bonne nouvelle pour tout le monde ! 

L’offre se diversifie de plus en plus avec des soirées de qualités du jeudi au samedi, des formats novateurs avec les dimanche après-midi du Sucre (Sunset Society) où j’ai eu la chance de jouer, et les dimanche soirs du Terminal (BlackSunday), des bookings de plus en plus pointus, ça fait plaisir de voir cette innovation et cet engouement. Maintenant le week-end tu dois faire de réels choix de soirée, tu en as pour tous les goûts, Techno, House, Melodic, et Micro régulièrement au Bellona.

D’un point de vue personnel je trouve que le créneau Melodic reste encore sous représenté derrière la scène Techno et House lyonnaise, mais on a à coeur de remédier à ça, et on voit petit à petit des effets positifs, les gens sont plus réceptifs et les clubs d’eux mêmes proposent des artistes dans notre DA.



Quel serait l'artiste que tu rêverais d'inviter à une des soirées organisées par Oma ? 

Sans hésitation John Talabot, le boss du label Hivern Discs. Il a un sens du groove et de la mélodie que j’adore, c’est toujours très dansant et harmonieux à la fois. C’est un peu un sorcier pour moi, ça colle parfaitement avec l’esprit que l’on souhaite véhiculer chez Oma, des événements vécus comme des rituels presque chamaniques, où on lache prise le temps d’une soirée, on se laisse guider par les nappes mélodieuses, les rythmiques africaines et on en ressort plus léger, comme apaisé. 



Que nous réserve le collectif pour la prochaine saison ? 

Pour 2018, on a de belles ambitions en terme de bookings, on bosse encore dessus, je ne peux que vous dire de rester attentifs aux prochaines annonces sur la page facebook d’Oma mais ça s’annonce très lourd. 

 

Vous l'aurez donc compris, le nouveau né de la scène lyonnaise entend bien s'imposer dans la durée tout en véhiculant des valeurs essentielles : expérience, qualité, originalité. 


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