Guillaume Ledonné : Le regard d'un photographe sur la culture électronique

Guillaume Ledonné : Le regard d'un photographe sur la culture électronique

“Si c’était mon métier, je me sentirais obligé de travailler pour vivre… Moi, je fais de la photo avec le coeur. C’est important. Quand tu shootes les gens en soirée, tu ressens la passion qui les anime. Il faut l’avoir en soi”
                                                          Gotham Club / Fun Break

                                                         Gotham Club / Fun Break

Guillaume est un photographe free lance qui consacre une partie de sa passion à la photographie de soirées électroniques. Son amour pour la photo est né à l’âge de 16 ans mais c’est à l’aube de la trentaine qu’il s’achète son premier appareil et se lance dans l’aventure. 

“Pour moi, ça restait un univers inaccessible ! Être photographe, ça demande des compétences. Et puis, tu grandis, tu rencontres des professionnels, ça désacralise le métier”
                                                           L'Empreinte / Imagine*

                                                          L'Empreinte / Imagine*

Le 16 juin 2016 (précis), Guillaume s’achète son premier appareil et débute par le Street Style : photos de rue instantanées 

“C’est une bonne école parce que tu n’as pas le temps de faire de réglages. Tu vois quelqu’un qui t’inspire dans la rue et tu le catches”

Le désir d’aller plus loin se fait très vite ressentir et Guillaume passe au shooting de mode pour apprendre à se servir de son appareil. Sa meilleure amie, Julie Simoneau (asso : Imagine*), lui sert de premier modèle. La séance est réussie. Du coup, Guillaume propose ses services pour les soirées Imagine*.

“J’ai dit à Julie : « Je n’ai jamais fait de photos de soirée, est-ce que je peux venir à un de vos events? ». J’ai essayé, je me suis éclaté ! ”

Plusieurs autres soirées suivront.

                                                         Le Petit Salon / Zoo Corp

                                                        Le Petit Salon / Zoo Corp

Olivier : Quel est ton rapport aux musiques électroniques?

Guillaume : Il y a 5 ans, j’étais plutôt un enfant commercial mais même en boîte, mon oreille s’arrêtait sur certains sons. J’arrivais à apprécier le travail du DJ.

Guillaume a vécu à Nancy. C’est à son arrivée sur Lyon qu’il rencontre de vrais diggers se déplaçant pour la qualité du line-up avant tout. Guillaume commence à se passionner pour ces musiques. 
Evidemment, on le ressent dans ses clichés. Pour faire une bonne photo de soirée électronique, il faut savoir comment la musique bouge, sentir les drops, ceux qui font lever les foules, jouer avec les lumières et les angles, comprendre cet univers sonore et underground pour le capter au plus juste. 

                                                            L'Empreinte / Origin

                                                           L'Empreinte / Origin

O : Connaître les producteurs des événements pour lesquels tu travailles, c'est important aussi ? 

G : Chaque asso a son identité propre ! Avant d’arriver à une soirée, je m’intéresse à leur univers, aux choix des mots pour annoncer leurs events et je m’adapte. S'ils ont une signature rouge, je mets du rouge si elle est bleue, je mets du bleu mais toujours avec mon univers. Si on me demande de shooter en soirée c’est parce que j’ai ma propre patte.

                                                        Le Petit Salon / Tapage Nocturne

                                                       Le Petit Salon / Tapage Nocturne

Guillaume m’explique le déroulement d’une soirée. En général, il commence à shooter vers 01h du matin. Il ne met jamais de flash avant 03h. Il laisse son appareil en automatique au niveau des lumières et joue manuellement sur son focus. Le public est plutôt cool, ne parle pas trop. Passer 03h du matin, la lumière baisse. Guillaume est en full manuel. Les gens bougent, s’agitent et les photos ne sont plus du tout les mêmes. 

Guillaume : Tu suis l’évolution des gens, en fait, elle colle avec le rythme de la soirée ! Là, on ne passe pas du rock au slow, c’est complètement l’inverse. J’ai vu des personnes se mettre petit à petit torses nus, d'autres qui s’embrassaient qui n’étaient même pas en couple... C’est ça qui est génial. Les gens se permettent des choses qu'ils ne feraient pas dans la vie de tous les jours. 

Le photographe est un témoin dans l’ombre. Il voit tout de son regard extérieur et…souvent amusé. Quand je lui demande des anecdotes, Guillaume me parle de certains moments vécus sur le vif...

                                                Parc Miribel Jonage / Electric Lyon

                                               Parc Miribel Jonage / Electric Lyon

J’ai pris une fille trois fois en photo. tour à tour, elle était avec un garçon différent, elle ne s’en rendait pas compte. La première fois, elle m’a dit : "tu peux me prendre en photo avec mon mec?" et elle l’embrasse chaudement. Puis une deuxième fois avec un autre. Au bout de la troisième, je lui dis : "mais je t’ai déjà prise deux fois en photo?" elle me répond : "mais lui c’est un autre pote !" 

Lors d’un festival, Guillaume remarque un homme en milieu d’après-midi

Ce qui m’a frappé au début, c’est qu’il avait le look d’un père de famille : lunettes, petite chemise. A 18h, il était déjà torse nu et dansait comme un ouf !

Lors d’une Nacht, (soirée : Tapage Nocturne), Stanislav Tolkachev sort un drop. Guillaume se prépare à shooter

Je regardais les gens, ils attendaient. Je les ai chauffés avec mon flash, pour leur dire : "Hey les mecs, je suis là ! » Le public se met à hurler. « La photo est fantastique ! »

                                                            Ninkasi Kao / OMA

                                                           Ninkasi Kao / OMA

Une future expo est en marche (n'y voyez aucune connotation politique ehe). Elle comptera quelques photos de soirées pour notre plus grand plaisir. Checker ça ici


Bringue Diggin' vol. I

Bringue Diggin' vol. I

PLAYLIST BY : Blocaus

PLAYLIST BY : Blocaus

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