De la crasse dans mes baffles

De la crasse dans mes baffles

LoFi ? Ça te dit quelque chose ?

Sous genre de niche démarré plus ou moins sur internet, la LoFi commence à faire ses marques parmi les grands et à gagner ses premières lettres de noblesse.

Le principe ? Salir volontairement le son pour renouer avec la chaleur de ces bonnes vieilles cassettes audio. Là tu vas me dire « encore une bande hipster dans le rajout». Et bien détrompe-toi.

Une machine ...

Une machine ...

Depuis l’explosion de la musique entièrement assistée par ordinateur, l’émergence de plugins tous plus performants les uns que les autres, de la retouche midi et autres, la musique tends de plus en plus vers la « perfection ». Que ce soit dans la musique plus « commerciale » (surtout) ou même dans les sous genres moins populaires, la décennie 2000 a été marqué par des lignes calées parfaitement sur les temps, des kicks soignés au millimètre, un mixage et un mastering aussi claires que possible. En bref : regardez, on peut enfin faire de la musique complètement clean (ce qui était plus compliqué sur des supports tels que les vinyles ou les cassettes).

Sauf que c’est chiant.

C’est l’imperfection qui rends les choses intéressantes. Ce petit décalage ici, ce grésillement là, en gros tout ce qui va attirer ta petite oreille et te faire sortir d’une écoute fluide et passive à quelque chose qui te fait « rentrer » dans le son qui, même sans que tu en aie conscience, va titiller ton cerveau qui va se dire, là c’est pas normal et réfléchir, processer l’information musicale qui rentre. Et ce n’est pas nouveau, depuis longtemps la musique n’est pas parfaite. On pourrait citer le mouvement Punk ici mais ça serait trop facile donc prenons le groove. Un des (nombreux) ingrédients de la recette d’une bass line qui groove ? Jouer très légèrement avant le temps et donc décaler, créer l’imperfection pour que tu déhanches tes petites fesses en souriant béatement.

Et là, on en revient à la LoFi, parce c’est ce qui est cherché par ces mecs là, on est pas dans une nostalgie du vintage à tout prix, mais dans l’authenticité musicale. Cette recherche résonne de partout aujourd’hui, on pourrait facilement citer le grand retour à la mode des synthétiseurs analogiques, qui eux aussi apportent leur part d’incertitude et d’irrégularité dans la production. 

En bref, on en a MARRE des sons aseptisés à l’ordinateur.

Ne vous y trompez pas, je ne vous dis pas de jeter votre ordinateur et de vous acheter un vieux sampleur 8-bit immédiatement. Des artistes comme Route 8 ou Legowelt utilisent aussi des vst (pour ceux qui ne connaissent pas, faisons simple et appelons ça des émulations virtuelles de synthétiseurs). Le truc, c’est qu’ils les utilisent différemment, sans forcément recaler toutes les notes parfaitement, et surtout, en salissant le son grâce à des distortions, filtres passe bas et autres outils obscures (je vous laisse vous renseigner sur la smackostape station)… Les plus puristes iront jusqu’à enregistrer leur mix sur une cassette pour le repasser ensuite sur l’ordinateur.

Bref, quittons ces divagations musicales pour une approche plus « historique » du mouvement.

Au panthéon se trouveraient probablement Legowelt et Boards of Canada, des mecs qui sans pressions avaient 20 ans d’avance sur le mouvement. En bref qui, au moment ou les gens commençaient à bosser leur perfection virtuelle, se sont dit « il faut qu’on garde de la chaleur et de l’imperfection » et qui l’ont plutôt très bien fait (mais tout est question de goût après tout).

Legowelt

Legowelt

Boards of Canada en live

Boards of Canada en live

Les messies seraient probablement Jimmy Asquith et son label Lobster Theremin, gros vivier d’artistes LoFi.

Le Logo de Lobster Theremin

Le Logo de Lobster Theremin

Les plus fidèles apôtres ? Disons, pour ne parler que d’eux, qu’il y aurait Route 8 venue de Hongrie pour nous fournir une deep house chaude et mélancolique.

Et puis évidement Mall Grab qui a explosé il y a quelques mois avec son titre Can’t (get you outta my mind), qui nous livre des titres house crasseux, mêlant kicks qui tapent et samples ultra répétitifs.

Les fidèles enfin se sont tout d’abord constitués autours d’un groupe Facebook, créé par les pionniers du mouvement, fédérant de nombreux musiciens ou passionnés autours d’une vraie famille, une bande de pote, basée sur le partage, l’encouragement des amateurs et l’autodérision.

Et puis aujourd’hui, le mouvement sort de plus en plus de la niche pour s’intégrer dans la culture électronique.

En bref ils vivent heureux et vont avoir plein d’enfants.


Fohra, les afters qui vous veulent du bien !

Fohra, les afters qui vous veulent du bien !

L’Empreinte : partage et ondes sonores de qualités !

L’Empreinte : partage et ondes sonores de qualités !

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