Boiler Room, nouvelle voix de la jeunesse ?

Boiler Room, nouvelle voix de la jeunesse ?

  Un début de réflexion sur ce qu’un média comme Boiler Room peut nous apporter au quotidien et la façon dont il pourrait s’imposer comme une plateforme encore plus incontournable qu’elle n’est déjà.

Vous connaissez certainement déjà tous Boiler Room pour ses innombrables sets enregistrés aux quatre coins du monde, mais une nouvelle facette de cet acteur déjà incontournable commence à faire son apparition.

Un peu d’histoire pour commencer ; Boiler Room c’est la création du Londonien Blaise Bellville, qui souhaite à l’origine rendre les musiques de niches et la culture underground de manière plus générale, accessibles a tous. Les toutes premières Boiler Room font leur apparition en 2010 et se tiennent alors dans une chaufferie située dans le quartier de Hackney, à Londres donc. En anglais, chaufferie se dit « Boiler Room ». 

Des débuts assez modestes, avec une caméra scotchée sur une planche de bois en hauteur de manière à voir les gens qui dansent autour du dj. Dès le départ les artistes qui y jouent ne sont pas pour autant moins qualitatifs, parmi les premiers en lice on compte SBTRKT, James Blake, ou encore Ben UFO.

 

Ici une Boiler Room datant de 2010, pas la toute première, qui est désormais absente des archives de boiler room. Invité d’honneur : l’anglais SBTRKT.

Aujourd’hui Boiler Room c’est une tout autre histoire ; 28 millions de visiteurs par mois, 200 millions de connexions, plus de 300 millions de vues totalisées et une présence dans une soixantaine de pays…

L’objectif que s’étaient fixés Blaise Bellville et ses amis semble être une réussite ; la musique de niche, en opposition franche avec le « mainstream » est désormais -presque paradoxalement- suivie par des millions de gens.
Toucher des dizaines de millions de gens par mois et être plus suivi que certaines émissions TV en se définissant comme « anti-mainstream » c’est quand même assez fort, il faut le reconnaître.

Les raisons d’un tel succès sont nombreuses ; la qualité de la ligne artistique présente depuis le départ, la présence mondialisée qui a permis d’élargir les possibilités à d’autres horizons musicaux et culturels en sont certainement des vecteurs importants. De la house à la techno en passant par le rap ou le grime, l’équipe de Boiler Room est présente partout où la musique est intéressante et laisse une place de choix à la créativité et à l’expression artistique. Parfois en permettant de mettre en avant la scène de certains pays ou de certaines métropoles trop peu représentées.

Autre exemple ici avec une Boiler Room 100% française qui vient s’intéresser à la scène Rap. Au sein du Tealer Shop a Paris, BR pose ses valises et laisse la parole a plusieurs artistes comme Myth Syzer.

Aujourd’hui la Boiler c’est une marque présente sur tous les réseaux, qui souhaite s’imposer comme le media musical numéro un, comme ils le disent eux-mêmes « le MTV 2.0 ». La music television de demain. Un rêve en passe de devenir réalité, puisque les grandes marques l’ont bien compris : la musique électronique est un véritable mouvement culturel, mais aussi une industrie qui peut être très rentable. Ray-Ban, Ballantines, Audi, Go Pro évidemment mais aussi Adidas en sont de bons exemples.

Mais ce qui est plus intéressant encore c’est le tournant politique qu’essaie de prendre l’équipe de Boiler Room, en proposant des débats sur les problèmes de société auxquels sont confrontés les acteurs de la scène, comme le public.

On pense au débat sur le Brexit, qu’a proposé l’équipe de BR, pas de musique au programme mais des discussions plus sérieuses. Les invités ne sont pas choisis au hasard puisqu’on discute de l’impact que pourrait avoir le Brexit sur la scène underground. Matthew Herbert génie de la dance music et Dj international, Wolfgang Tillmans photographe, James Massiah Dj et poète ou encore Snoochie Shy sont les invités du show.

Egalement au programme ; un débat autour de la condition des noirs en Angleterre, « Black Lives Matter ».

A une époque où la jeunesse n’est pas toujours bien représentée et défendue politiquement, Boiler Room offre une alternative intéressante pour débattre des sujets qui touchent de plein fouet nos vies.

Boiler Room ce n’est plus juste une source sûre de bon son c’est aussi un moyen d’expression et de réflexion. Le portevoix d’une jeunesse qui veut se faire entendre en somme.
L’idée est noble et prometteuse, mais pour l’instant l’audience n’est pas encore suffisamment au rendez-vous, il faut bien un début a tout.

Sur une note plus légère, Boiler Room est présent dans tous les esprits et donne aussi lieu à toutes sortes de parodies loufoques ; le Tumblr « Boiler Room knows what you did last night », les très divertissantes Bobette Room (Boiler room canadienne mais uniquement en slip), ou encore les Toilets Room au nom plus explicite.

On ne peut qu’apprécier leur concept ; « One Room, One Dj, One panty »

La premiere toilet room en date avec le très serieux Paleman ;

Wait & See donc ...


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