Il était une bringue: Dominique @ Blocaus x Reaktor

Il était une bringue: Dominique @ Blocaus x Reaktor

Reaktor Events, un des crews techno les plus réputés d'Amsterdam, connu pour leurs soirées épiques en warehouse avec des line-ups monstrueux (Katharsis, Reaktor NYE & NYD, Unpolished et bien d'autres), débarquait ce vendredi 4 novembre à Paris pour un événement en collaboration avec l'excellent collectif local Blocaus. Retour sur cette soirée grandiose à la programmation ultra-qualitative.

23h15, Dock Eiffel, Aubervilliers. J'arrive juste à temps pour la fin du set d'Anetha. Dans la salle encore quasiment vide, la brillante résidente Blocaus (et qui a produit le 1er EP de leur label, sorti début octobre) envoie déjà une techno énergique pour réchauffer les premiers danseurs. Dommage que je n'ai pas pu voir l'ensemble de sa prestation, mais j'en profite pour faire un petit tour du spot.

Le lieu, qui nous est familier puisqu'il a notamment servi pour le Big Bang il y a quelques semaines, a été remanié pour l'occasion, avec un système son Funktion One comprenant des enceintes relais sur la longueur de la salle, des lumières classiques mais toujours efficaces, et un écran sur lequel sont projetés des visuels phasants, gérés par le VJ lyonnais Malo. Le collectif Triple-D, décidément présent à toutes les meilleures soirées, a disposé quelques bancs de palettes en bois au fond de la salle. On en profite pour reposer nos jambes avant la longue nuit de techno qui va suivre.

C'est au tour de Phase Fatale de poursuivre les hostilités. Le Berlinois m'avait beaucoup impressionné quand je l'avais vu à Londres, avec son style caractéristique très influencé par tout ce qui est EBM et new wave, et il a confirmé cela vendredi. Son mélange de rythmes brutaux et de synthés menaçants reste saisissant, et à cela s'ajoutent parfois aussi des lignes de 303 et une ambiance industrielle bien prenante.

Vient ensuite le live de Tinfoil. Fruit de la collaboration entre deux figures de la techno irlandaise, Sunil Sharpe et DeFeKT, leur set combine avec brio des percussions intéressantes inspirées de l'electro et une atmosphère parfois angoissante, faite de montées stridentes anxiogènes et accentuée par des vocaux distordus. À ce moment-là le système son n'est pas encore poussé à fond, ce qui hélas limite un peu la portée du live.

Il est 2h et Blawan commence son set. Le prodige britannique, auteur du fameux "Why They Hide Their Bodies Under My Garage", envoie une pure techno 4/4, taillée sur mesure pour détruire le dancefloor. La salle, maintenant bien remplie, subit de plein fouet les basses sortant des Funktion One réglées à volume maximal. Très très puissant. Cela faisait un petit moment que je n'avais pas autant pris mon pied sur un set techno, d'autant plus qu'il se permet de finir sur une note plus douce, le remix d'Efdemin par Traumprinz, un moment enchanteur sur fond de nappes rêveuses et de groove breaké.

Je manque malheureusement une bonne partie du live de Minimum Syndicat à cause de conversations sans fin à l'extérieur (où l'ambiance est sympathique malgré le froid et les gens trop perchés), mais de ce que j'ai vu c'était bien violent aussi: le bpm est monté d'un cran, et les assauts sans répit de synthés acid et de sonorités rave donnent à la salle un petit côté apocalyptique, exacerbé par les lights irréelles.

James Ruskin s'occupe du closing de la soirée, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a fait très fort. Le boss du mythique label Blueprint part sur une techno plus mentale et hypnotique, où les motifs répétitifs font tournoyer nos esprits, laissant de plus en plus monter la tension avant de tout faire exploser, par des breakbeats endiablés ou alors une tempête acid bien sentie. On sent également la maîtrise technique du monsieur, avec quelques effets bien placés et des transitions parfois assez rapides (notamment quand il laisse l'intemporel Envoy - "Dark Manoeuvres" moins de 2 minutes).

Vers la fin, il se fait plaisir avec un classique de la French house, Thomas Bangalter - "Outrun", dont la rythmique linéaire se marie parfaitement avec la techno qui l'a précédé, avant de conclure sur son propre morceau "After dark", une grosse balle acid irrésistible. Il est 7h pile, et le plafond étoilé scintille une dernière fois avant que les lumières se rallument.

Bref, ce fut une superbe soirée comme on les aime, avec un lieu génial, toujours de la place pour danser, une orga au top et des sets absolument énormes de la part de tous les artistes. Paris n'a plus grand chose à envier à Amsterdam, notamment au niveau des gros events techno, et cette collaboration franchement réussie entre deux des meilleurs crews des deux villes en est le symbole. On en redemande !

Petite playlist de tracks entendus à cette soirée:

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Rencontre : Shade

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