Paris est une Bringue : Retour sur l'année 2016

Paris est une Bringue : Retour sur l'année 2016

Dans 2 jours, c'est la fin de l'année. En ce moment même, votre fil d'actualité est rempli de "tops" en tout genre ayant pour but de féliciter les artistes qui ont su vous faire transpirer cette année.
Bien sûr, ces "tops" sont plutôt subjectifs et dépendent grandement de vos aspirations musicales, de la médiatisation des artistes et de votre situation géographique. Chacun a son propre "top", constitué de moments magiques à la rencontre d'artistes, de lieux, de gens.

À ce sujet, j'ai trouvé l'introduction du RA POLL 2016 particulièrement pertinente :

Every weekend, countless people around the world shell out hard-earned cash to hear DJs mix records. Some are only after a good night out, but many are looking for something more elusive—a moment of transcendence that's only possible on a good night on a good dance floor with a good DJ playing. With this annual poll, we ask who gave you that experience in the last 12 months. With the result, we toast the artists who, weekend after weekend, give people memories that will stay with them for years, proving beyond a shadow of a doubt that dance music is more than entertainment—it's one of the essential art forms of our time.

L'idée ici est donc de revivre cette année 2016 et de nous rappeler les événements qui nous ont transportés, enfant de La Bringue. Car si on ne se lasse pas de répéter que "la scène techno/house en france est en train de revivre", cela n'a jamais été aussi vrai que pendant cette année 2016.

Quand je pense à 2016 ...

Nouveau player in town : Les Nuits Fauves

On ne l'a pas vu venir celui là. C'est au milieu d'un été mielleux que Nuit Fauves fait son apparition dans le game du clubbing parisien. Doté d'une capacité hors norme, l'ouverture de ce club part d'un constat : une demande trop forte par rapport à une offre encore trop réduite.
Nuits Fauves, c'est donc un nouveau drop point pour accueillir des internationaux ainsi que les talents prometteurs. Jusque là, le club s'en sort bien et a déjà de belles soirées à son actif : Kenny Dope, Guy Gerber, Omar-S, Carl Craig, Octave One et j'en passe...

Une programmation qui se veut plus housy que sa péniche de voisine, Nuits fauves se positionne comme une nouvelle attraction dans le circuit des gros clubs de centre ville et rassemble une population qui a envie de s'amuser sans trop se prendre au sérieux (pas tout le temps quand même). Avec sa superficie qui a considérablement augmentée lorsque celle-ci a fusionné avec le Wanderlust, nous avons maintenant affaire au plus grand terrain de jeux parisien. Hâte de squatter tout ça pendant l'été.

Highlight personel : Omar-S pour la soirée "bloc"

Secret warehouse frenzy

Oui, les Warehouse party c'est pas nouveau, il y en avait aussi "avant". Toutefois, il n'y en avait pas toutes les semaines, et pas de manière aussi accessible. Cette année 2016, en particulier ce deuxième semestre nous a régalé de lieux glauques et humides, pour notre plus grand bonheur.  Ces grands espaces extramuros offrent une alternative aux club, avec des formats beaucoup plus longs, la possibilité d'arriver plus tard, de fumer sa tige devant le DJ, de l'espace etc ... pas besoin de m'étendre sur le sujet.

De la même manière, c'est aussi de nouveaux lieux pour que les artistes s'expriment. Ils y testent leur "secrets weapons", taillées pour des espaces qui résonnent. Si nous continuons sur cette lancée, il ne fait aucun doute que cela va contribuer à l'évolution de l'identité musicale française. 

Ces nouveaux espaces, c'était aussi l'occasion de mettre en place de belles scénographies. De gros efforts ont donc été faits sur les projections lumineuses, ainsi que sur les installations. À ce niveau la, tout le monde est d'accord pour dire que le collectif "Triple D" a fait du bon boulot. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une équipe qui réalise des installations à base de matériaux de récupération. Entre la 60 degrés, la friche Lenoir,  Alternative Projects et j'en passe .. Ils ont été de partout et la qualité des installation a toujours été au rendez vous

On espère que 2017 va continuer dans cette direction.

Un engouement croissant pour la minimal.

Ceux qui me connaissent vous le diront : je possède une certaine passion pour ces beats breakés et hypnotique à l'arrière goût Roumain. J'ai donc un peu de mal à être subjectif sur le sujet, étant donné que mon fil d'actualité est rempli d’événements de ce type. 

Cependant, il faut avouer que la "micro" sous toutes ses formes fédère un publique de plus en plus grand. Les soirées "minimale" offrent un délire différent que celles à base de techno brutale et industrielle. Un groove plus présent, une manière de danser qui diffère, un aspect plus "mental"... Chacun a sa propre approche face à cette nouvelle mouvance. (Si ce genre musicale vous plait, j'en parle plus dans d'autres articles ici et ici).

En tout cas, cette année 2016 a vu passer de très beaux artistes. Entre le gratin d'[a:rpia:r], Barac, Priku, Premiesku, Zendid l'équipe Gazette etc .. C'est une véritable alternative sonore qui est proposée et c'est assez plaisant

Toutefois attention, nous avons aussi notre propre force de frappe française. Les collectifs tels que CrazyJack, Distrikt, Latence, Insomnia, Discobar et leurs résidents sont là pour battre le fer pendant qu'il est chaud. C'est d'ailleurs en partie grâce à eux et leur passion pour ce style musical que nous avons eu de si belles soirées. Ils nous représentent aussi  à l'étranger, avec pas mal de leurs productions jouées par les plus grands. 

Un peu de Hardcore dans ma techno

Cette année 2016 a aussi vu la résurgence de soirées ou le BPM monte en flèche. La danse est saccadée, le kick gras et saturé. Des orgas tels que BNK, Point Breakers, ORDER, Contrast ont été présents cette année afin de nous permettre de libérer nos instincts sauvages et redonner ses lettres de noblesse au terme de "Rave".

Malheureusement, je n'ai pas assisté à assez de ce genre de soirée pour vous en parler correctement. Je vais donc allègrement citer le report de notre envoyé spécial Dominique lors de ses escapades nocturnes @Contrast.

Difficile de retranscrire la magie du set de Chris Liberator par de simples mots, tant la musique de l'anglais est instinctive et entraînante. Formé dans les raves et les soirées dans des squats délabrés, il incarne l'underground londonien avec son label culte Stay Up Forever crée en 1993, qui défend l'acid techno comme une musique de rébellion de la jeunesse désabusée. Son style si caractéristique est un cocktail explosif de lignes acid distordues et catchy, de kicks rapides et de voix parlées, à la fois amusantes et engagées (ma préférée : “What is your special subject? Acid Techno ! Why did you choose that? Because I love fat 303s, fat rigs, fast drugs, fuck you !!”).
-Dominique @Contrast rave line #1

Quelques morceaux de 2016 vu par la rédaction :

Alter Paname

Un de mes meilleurs souvenirs de teufs de cette année a été en after de la grosse alter paname de cet été ! Il était 7h30 sous la tante microclimat, le soleil se levait et Celine de Technorama nous a tous pris par la main avec un set techno minimal qui nous a tous bien trop émoustillés. ceux qui étaient là s'en rappelleront ! Pépé del noche, Romain Play et Gabriel de DKO ont aussi tout bien niqué sur la scène camion bazar jusqu'à 15h, heure de clôture du festival ! Meilleur souvenir 2016 

-Lexoo

Alter Paname

Jeff Mills, Microclimat, Camion Bazar, OTTO10, un stand de crêpe collé à une scène psytranse, une piste de danse en rollers, une caravane avec des meufs complètement perchées qui parlaient dans un micro vocodé, le camion bazar niché dans une clairière tout le monde qui danse dans la boue sous la pluie, tous leur crew + les mecs de la mic mac déguisés qui foutent le bordel devant le camion, grosse grosse bonne humeur on se serait cru dans un parc d’attraction de la teuf, dans un autre univers, avec un divertissement sonore, visuel, gustatif partout où l’on se baladait.

- Raph

Château Perché (édition d’avril)

J’ai passé plein de soirées très cools sur Paname cette année (dont en particulier la Contrast Rave Line 1 où c’était à un niveau de perfection techno assez inégalé - musique, énergie, orga, lumières), mais aucune n’a eu le même effet de dépaysement que ce festoche de 24 heures dans un château quelque part en Auvergne. Dans ce cadre de castle impressionnant, les gars ont installé des décors tous plus fous les uns que les autres (une planète en rotation au milieu d’une forêt tropicale, des montgolfières arrêtées parmi les nuages, un dragon en acier surplombant le DJ…), des installations artistiques démentes (je me souviens avoir passé plein de temps à chiller sous une espèce de tipi, au coin d’une chambre boudoir toute cosy), avec tous les recoins cachés du château je me sentais comme un gosse ! Sans parler de la furie des éléments qui a apporté un caractère épique à la soirée, avec cet orage qui soudain s’est abattu alors qu’on dansait tranquillement dans la cour...J’avais failli oublier: le Camion Bazar, toujours présent comme un phare de bonnes vibes même au plus fort de l’orage, balançant de la house/disco/funk à nous redonner le sourire pendant qu’on s’agrippait avec peine aux parasols trempés; et une fois le soleil de retour, envoyant du reggae et du rock au petit matin devant les fêtards encore ivres de la folie de la nuit… C’était beau !

- Dominique

Rex

30 mars 2016, REX Club. La promesse d'une soirée inoubliable, un line-up à la limite de la canonisation, difficile en cette fin d'année si mouvementée de ce rappeler de l'ordre de passage de ces trois monstres de la house musique. Une chose est sûre : Dj Deep, Lil Louis, et Derrick May, nous ont lâché une avalanche de pépites, bombes et grooves hors du commun, impossible d'oublier l'état de transe dans lequel cette atmosphère ambivalente à la fois familiale et introspective m'a mis. Pour ma première fois au Rex Club, quoi de mieux qu'un set up pontifical livré sur un coulis disco-funk, on en aura même oublié que c'était avant les travaux, et que le fumoir du rex est vraiment une horreur.

-Guiz

60 degrés

Quelle soirée. Barac a su prendre le pouls de la foule et maintenir tout le monde en haleine. Ensuite Zendid s'est contenté de nous remettre une énorme patate, toujours plus loin. vers 8h c'était toujours l'euphorie totale ! Bravo aux orga pour un line up bien étudié, sans parler de cette ancienne usine parfaitement lugubre et résonnante. on aime. 

- Etienne

En conclusion ?

Bah ouais. L'idée que la "scène" est en plein essors en ce moment n'est pas juste qu'une impression. Il est clair que le nombre d’événements qui présentent des artistes house / techno ou autre a considérablement augmenté ces dernières années jusqu'à atteindre un pic en 2016.

Cependant, ce qui m'intéresse n'est pas l’augmentation du nombre d’événements, mais bien la diversité de ceux-ci. Après tout c'est elle qui amène à un écosystème "durable" de notre chère communauté de la dance music (regardez Londres avec ses casquettes Techno / DNB/ garage). Il est maintenant possible de vraiment cibler ce qu'on a envie d'aller écouter et donc de découvrir plusieurs univers entre soirée groooove avec MONA ou du slide a 135 BPM avec Contrast. La diversité des genres musicaux permet de rendre un public plus curieux envers tel ou tel style et donc des crowds plus hétérogènes. 

Musicalement c'est le mix de toutes ces influences qui donnera "the sound of paris". Personnellement je trouve qu'il est encore un peu tôt pour définir ce à quoi ressemble une telle chose, en tout cas j'ai hâte de voir son évolution.

Bon allez, on se retrouve au coin fumeur les bringouzes.

Bonne année ;)


Boiler Room, nouvelle voix de la jeunesse ?

Boiler Room, nouvelle voix de la jeunesse ?

Top : 10 soirées du nouvel an par les bringueurs

Top : 10 soirées du nouvel an par les bringueurs

0